UD CGT des Hauts-de-Seine (92)

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Se donner les moyens de nos ambitions revendicatives

Introduction sur la syndicalisation – Véronique Valentin

Chers camarades,
Se donner les moyens de nos ambitions revendicatives tant sur la résistance aux mauvais coups que sur la conquête d’avancées sociales, va être l’objet des trois thèmes et débats qui vont suivre jusqu’à demain soir.
Contenus dans les résolutions 2,3 et 4, nous aborderons les moyens humains, leurs formes nécessaires d’organisation ainsi que les conditions indispensables à leur pérennité et développement.
Maintenant nous allons travailler et débattre sur la syndicalisation, c’est-à-dire les moyens humains.

Le document d’orientation contient un certain nombre d’éléments, de repères que je ne reprendrai pas, le diaporama projeté et que vous avez dans vos sacs, apporte d’autres éclairages et éléments de réflexion, sur l’état des lieux de notre département, de nos forces par rapport au salariat.
Il ne s’agit donc pas dans cette introduction à nos débats de tout dire mais pointer quelques repères utiles pour que chacun s’approprie le sens d’une syndicalisation de masse, mesure les enjeux qu’elle représente, soit porteur dans son organisation ( syndicat, Ul, Us) d’une politique de syndicalisation offensive et pérenne.
Notre syndicalisme est différent de celui d’autres pays européens, il est basé sur le libre choix de chacun, nous avons le taux de syndicalisation parmi les plus bas d’Europe et pourtant nous sommes capables de grandes mobilisations.
Nous voulons être la Cgt de tous et de toutes, à l’image du salariat mais avec 13 800 syndiqués pour environ un million de salariés….il y a du boulot pour répondre à cette volonté !
A noter que, depuis notre dernier congrès nous avons progressé en 3 ans de 1800 syndiqués, soit 15%, ce dont nous pouvons nous satisfaire, ce qui valide pleinement la proposition de la résolution 2 d’avoir un objectif commun dans toutes nos organisations de progression de 10% par an, pour atteindre plus de 18 000 syndiqués à l’ouverture de notre 19ème congrès d’ici 3 ans.
Il est temps de concevoir et mettre en œuvre une démarche de déploiement pour gagner efficacement notre renforcement.
La syndicalisation doit se concevoir comme un acte politique majeur avec un but précis, partagé collectivement. Un syndiqué de plus, c’est un maillon de plus dans la chaîne, un point d’appui de plus pour son organisation, les salariés, ses proches.

Le syndiqué, c’est d’abord un être humain avec son histoire, ses différences. Prenons nous suffisamment en compte cet aspect pour valoriser cette richesse ?
« Faire un syndiqué » suppose tout un travail derrière. Comme pour un enfant, il ne s’agit pas que de le mettre au monde !
Il faut aider ce syndiqué à grandir, à être et se sentir utile pour son syndicat.
Cela suppose l’apprentissage de la vie collective, de nos règles de vie, de nos repères, de nos conceptions et démarches qu’il pourra acquérir si on lui offre la possibilité de se former et de s’informer, de participer.
A ce niveau, nous avons de gros efforts à produire. Le diaporama montre, d’après les éléments, certes imparfaits, issus de cogitiel que le nombre de nos adhérents chute les 2, 3 et 4ème années qui suivent leurs adhésions. C’est donc bien dès l’année où ils rejoignent la Cgt que les efforts sont à produire.
Plusieurs congrès confédéraux, ainsi que fédéraux ont pointé cet enjeu majeur de la syndicalisation en prenant des décisions qui nous engagent tous dans leur mise en œuvre. Malgré les efforts produits, force est de constater que notre taux de syndicalisation ne décolle pas vraiment.
Sur le département, nous comptabilisons en moyenne 1000 adhésions par an que nous ne retrouvons pas en totalité dans le nombre de FNI réglés l’année suivante à cogétise.

Est-ce à considérer :

  • Une perte de ses nouveaux adhérents ?
  • Un départ équivalent d’anciens syndiqués ?
  • Les FNI ne sont pas réglés en totalité ?

Notre département a la particularité, entre autre, d’un grand turn-over parmi les salariés, c’est un handicap, mais si un syndiqué quitte le département, il n’y a aucune raison qu’il ne reste pas adhérent dans un autre ; Pourtant nationalement, les environ 45 000 adhèsions annuelles ne se retrouvent pas en totalité l’année suivante.
IL faut donc penser la syndicalisation de façon plus construite, plus collective. S’autocritiquer chacun sur la façon dont nous traitons ou pas la syndicalisation.
Nous voulons être à l’image du salariat et en même temps pour adhérer, les salariés sont sensibilisés par la CGT quand elle parle de ce qu’ils sont, de ce qu’ils vivent au travail et dans la vie.

Comment faire pour s’adresser à toutes les catégories ?
Notre département compte plus de 60 % d’ICT parmi les salariés, c’est-à-dire plus de 6 salariés sur 10 et plus encore si l’on ajoute les Agents de Maîtrise.
L’enjeu de la syndicalisation pour ces catégories n’est plus à démontrer.
Des initiatives pour aller à la rencontre de ces salariés ont été prises, en particulier par le collectif Ugict Départemental, je ne doute pas d’interventions dans le débat pour faire part au congrès des expériences menées.
Dans nos entreprises comment travaillons-nous la syndicalisation des ICTAM ? Utilisons-nous tous les supports de l’UGICT ? ou aucun ?
A la fin de l’année vont avoir lieu des élections pro qui vont compter pour la représentativité tant dans la profession, la branche que nationalement. La syndicalisation des ICT, nos propositions, nos réflexions et analyses sur les qualifications, rôles et places dans le processus de travail, sont importantes à faire connaître. Cela ne peut qu’aider dans la recherche de candidatures mais aussi dans le vote CGT et le renforcement.

Comment réduire l’écart entre nombre de voix CGT, ICTAM ou pas et nombre de syndiqués ?
A l’issue du 1er cycle de calcul de la représentativité, sur le 92, hors fonction publique, la Cgt avec 19% est 3ème orga derrière la Cfdt(28%) et la Cgc(20%) alors que les élections prud’homales de 2008, nous placent en tête.
Sur le 2ème collège, nous sommes la 2ème orga derrière la Cfdt, et sur le 3ème collège, nous sommes très faible( 10%).
Quels objectifs nous donnons nous pour renverser cette tendance ?
La question de notre implantation est primordiale, sachant que la Cfdt est présente dans plus d’entreprises que nous et propose des listes dans quasi tous les collèges.
En moyenne, on compte 4 à 5 voix cgt pour 1 syndiqué. Ce potentiel est souvent mal exploité à notre dommage et celui des salariés, pour la satisfaction des revendications.
Les ICTAM représentent en moyenne pour notre département environ 3 syndiqués sur 10 (référence des règlements FNI) par contre les adhésions de ces catégories sont de 3 à 4 pour 10 nouveaux adhérents. L’intérêt est donc bien là. Toute la problématique est de passer à un autre ratio et de le garder.
Le congrès de l’UGICT vient de se tenir, tout en marquant un demi-siècle de syndicalisme spécifique dans la cgt, il entend justement mettre en débat partout la question du déploiement de notre syndicalisme CGT parmi ces catégories de salariés qualifiés et en responsabilités, notamment parmi les jeunes diplômés.
Il y a un véritable enjeu aussi à syndiquer les jeunes diplomés, à leur faire une place, toute leur place dans la CGT. Ces enjeux ne sont pas posés qu’à l’UGICT, mais bien à toute la CGT ainsi que l’avait souligné Thierry Le Paon lors du 50ème congrès de la CGT : « L’ugict est l’organisation de la CGT que nous avons choisie pour syndiquer les ingénieurs, cadres et techniciens à la CGT. Mais nous ne pouvons continuer à déléguer à l’UGICT seule, le soin de s’occuper des revendications et de la syndicalisation des ingénieurs, cadres et techniciens.

Le déploiement de la CGT parmi les ICTAM est la responsabilité de la CGT toute entière. C’est cette nouvelle étape que nous avons à construire ensemble, avec l’UGICT».
Puisse notre congrès nous permettre d’avancer dans cette voie. Il en va de l’avenir de notre syndicalisme CGT, surtout sur notre Département.
LA syndicalisation des jeunes est un défi qu’il nous faut prendre à bras le corps. Qu’ils soient diplômés, peu ou pas, étudiants et salariés, précaires, en apprentissage ou en recherche d’emploi, leurs problématiques, revendications différentes n’empêchent pas la recherche de communautés d’intérêts, tels que celles du pouvoir d’achat, la recherche de logement ou encore de leurs places dans la société, l’entreprise. Les jeunes en situation de travail aujourd’hui ont connu la lutte contre le CPE et donc l’action de masse. Ils ont plus tard vécu celle contre la réforme des retraites. Certains ont même dû être syndiqués aux organisations étudiantes ou lycéennes. Que se passe-t-il au passage à la vie active ? Peut être simplement que nous CGT ne prenons ni le temps ni les moyens d’aller à leur contact ?
ICT, jeunes,… des groupes de salariés qui nous feraient peur ?

En réflexion pour le débat, ne serait-il pas nécessaire de travailler plus étroitement avec l’UNEF, associations de jeunesse?
Si nous commençons notre vie active Jeunes, nous la finissons….plus vieux!…

Le passage à la retraite est un moment douloureux pour notre syndicalisme, en effet, les ¾ des adhérents ne poursuivent pas leur adhésion lorsqu’ils ne sont plus soumis aux liens de subordination.
Pourtant même si pour eux le rapport de force vis-à-vis de leur employeur n’est plus, il se déplace vers d’autres interlocuteurs car les sujets de revendication ne manquent pas, ils sont spécifique mais peuvent largement trouver convergences sur des problématique transversales, tel le logement, la santé, les transports, le pouvoir d’achat….

Le syndicalisme retraité est une composante à part entière de notre syndicalisme, la question de sa prise en compte et de son renforcement est et doit être l’affaire là aussi de toute la CGT.

L’essentiel de nos Forces retraités est issu d’actifs ayant continué d’adhérer mais nous pourrions faire beaucoup mieux. Pour cela des dispositions sont à prendre dans les Syndicats pour sensibiliser et convaincre les Syndiqués de la nécessité de ce syndicalisme, de leur utilité dans l’élaboration de revendications nouvelles, au vu de leur nouvelle situation.
Sur le département les retraités représentent en moyenne 8% des nos forces, c’est peu mais, ô combien sont partie prenante de la vie de nos ULs. Ils mettent au service de la CGT leurs disponibilités et savoirs faire.
Nous avons besoin de travailler ensemble, sur les lieux de vie à la Syndicalisation des Retraités. Sur le département les adhésions retraités ne représentent qu’en moyenne 0, 1% par an. La continuité syndicale n’est pas adhésion…

Etre à l’image du salariat, c’est aussi s’adresser et proposer la syndicalisation d’une manière plus volontariste aux femmes, en particulier dans les secteurs industriels ou l’emploi féminin est faible, aux précaires et privés d’emploi, mais aussi aux salariés des TPE.
Les 1ères élections TPE ont placé la CGT en tête mais quelle concrétisation en matière de syndicalisation, d’organisation de ce salariat. Isolés sur les lieux de travail, pas d’organisation collective possible en dehors de se retrouver dans la CGT pour confronter leurs vécus, élaborer leurs revendications. Offrons leur cet espace. Sur le 92, 1 salarié sur 100 travaille dans une TPE. Les prochaines élections TPE (décembre 2016) sont dès maintenant à anticiper.
Se renforcer là où on existe implique dans chacune de nos structures syndicales de prendre du temps pour faire l’état des lieux de nos forces: qui on est, où on est, de cibler nos déserts syndicaux (catégorie, services…) et de construire un projet de syndicalisation avec objectifs et moyens pour y parvenir.
S’implanter là où on n’est pas participe de cette même stratégie.

Quelle entreprise ou zone d’emploi? Quels salariats? Quelles Fédérations. Quelles sont nos forces à proximité de ce ciblage pour en faire un objectif collectif?

C’est ce que nous ambitionnons de travailler et contenu dans les alinéas 16.16 et 16.17 de la Réso 2, qui ciblent la Défense, Issy et Boulogne.
A partir d’un état des lieux des ces zones, déterminer des ciblages prenant en compte aussi la perspective des futures élections pro (que nous pouvons identifier grâce aux PV d’élections), cela permettrait d’allier Syndicalisation ICT majoritairement présents sur ces 2 zones, mais aussi permettre une communication plus professionnelle en identifiant les fédérations en présence et travaillant ensemble.

Ces 2 axes de travail et la construction de projets de Syndicalisations si nous en sommes d’accord par l’adoption de la Réso 2 entreraient également dans le plan de renforcement Régional.

La conférence de l’URIF en octobre 2014 abordera dans sa 3ème séance, la Vie Syndicale et Renforcement en Ile de France. Pour terminer et vous laisser la parole, il est essentiel en 1er lieu, de convaincre de la nécessité, pour tous les militants, de faire de la syndicalisation une priorité, dans leur activité au quotidien. Donc d’y consacrer du temps, autour de projets concrets qui s’inscrivent dans la durée.

Des objectifs ciblés, définis ensemble, avec méthode dans le Syndicat et/ou par toutes les organisations de la CGT quand ils dépassent le cadre d’un seul renforcement mais concernent la création et l’organisation de nouvelles implantations CGT.

Il nous faut donc travailler les uns avec les autres et plus les uns à coté des autres.
Qu’en pensez-vous ? A vous la parole.

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